De haut en bas

De haut en bas

L’hebdomadaire Le Vif Weekend a consacré un article aux troubles bipolaires et parle du film « La Ruche » de Christophe Hermans. Un article de Kathleen Wuyard avec la participation du docteur David Souery et de Franca Rossi. 

« Lors de phases hautes ou basses, les personnes peuvent être virtuellement hors service, et les proches ne comprennent pas pourquoi cela ne va pas mieux malgré tout leur amour et leur bienveillance ». Dr David Souery 

La journée « Bipolaire, oui mais encore ? » s’est très bien passée !

La journée « Bipolaire, oui mais encore ? » s’est très bien passée !

L’équipe du Funambule est heureuse, l’événement que nous organisions depuis des mois a été une réussite. De nombreux participants nous ont fait part de leur satisfaction.

Voici un souvenir vidéo de la journée d’études. Celle-ci a été réalisée par Noé Dohet et Nicolas Pommier, d’ Anotherlight ASBL.

Un très bel article de la DH parle de notre événement

66 personnes ont pris part à cette journée, dont des artistes du Funambule et de l’ASBL « Métaphores » (Morlanwelz), qui avaient réalisé des œuvres sur les émotions.

Une exposition d'oeuvres sur l'humeur-1
La salle comble
Une exposition d'oeuvres sur l'humeur-2

En matinée, Docteur Godelieve Baetens, psychiatre, est intervenue à propos des troubles de l’humeur et de son expérience de professionnelle de la santé mentale.

Docteur Godelieve Baetens, psychiatre et Franca, la présidente de notre association

Ensuite, Christophe Hermans, réalisateur, a parlé de son film « La Ruche », inspirée du livre d’Arthur Loustalot et qui sortira en salles en mars 2022.

L’actrice Ludivine Sagnier, la marraine du Funambule, y tient le rôle principal, d’une mère vivant avec le trouble bipolaire.

Christophe Kevelaer, conseiller de CERA

En après-midi, se sont tenus quatre ateliers :

  • « Bipolarité et vie de famille » (animé par Gabriel Tala, de Similes Bruxelles, Laure Hosselet et Carole Cocriamont de l’Etincelle),

  • « Regards croisés sur la pair aidance », (animé par Stéphane Waha du Funambule),

  • « La psychoéducation » (animé par Sarah Louis, psychologue clinicienne, Steve Gravy et David Vlassenbroeck, du Funambule) et

  • « Que vous-a-t-il manqué pendant la pandémie ? » (animé par Cécile Perrad et Bernd-Walter Rainer, du Funambule).

S’en est suivie une vidéoconférence avec des associations françaises et québécoises.

Découvrez-les

https://www.avantdecraquer.com/

https://bipolaires-6440.fr/

https://argos2001.net/

http://www.bipoles31.fr/

https://www.facebook.com/www.lepharedes2poles.fr/

L’association québécoise « Relief » n’a pas pu y participer. A découvrir également !

https://monrelief.ca

 

Vidéoconférence avec des associations partennaires étrangères

Ensuite, Christophe Kevelaer, conseiller de CERA, a présenté cette coopérative qui a soutenu notre événement.

Christophe Kevelaer, conseiller de CERA

Madame Yasmina Nekhoul, échevine de la Santé publique de la commune de Saint-Gilles, qui a également soutenu la journée, était excusée, pour raison de maladie.

Cette journée fera l’objet d’une vidéo, par les soins de Noé Dohet et Nicolas Pommier, de l’ASBL Anotherlight. Ci-dessous, la fresque réalisée par le dessinateur Juan Mendez.

Merci à tous les participants, aux intervenants et aux exposants. Une belle journée d’échanges et de moments d’émotion !

Un livre porteur d’espoir pour les personnes bipolaires

Un livre porteur d’espoir pour les personnes bipolaires

Bernard Meurisse publie « Millésimes ou Les aventures trépidantes d’un bipolaire assumé », dans sa propre maison d’édition, 60’ chrono. Il y raconte son cheminement vers l’équilibre et souhaite, par son témoignage, aider ses pairs funambulesques.

Bernard a 64 ans et vit avec le trouble bipolaire. Il a voulu partager son expérience et a commencé à écrire son livre en août 2021.

« Avant, j’écrivais beaucoup, de par mon métier » explique-t-il. « Pour ce livre, j’ai travaillé avec Deborah De Carignac, écrivaine, on a procédé par interviews ».

« Millésimes » retrace le parcours de Bernard depuis 2017. « J’ai été dépressif pendant deux ans, j’avais perdu toute force, mon cerveau fonctionnait beaucoup plus vite que celui de Monsieur et Madame tout le monde. Et je m’en suis sorti tout seul, sans aide. Nous, les personnes bipolaires, on nous prend pour des fous, or, on est juste différents. ».

L’auteur insiste sur le fait que ses pairs doivent apprendre à identifier leurs forces et les utiliser pour se sentir mieux. 

« Dans la phase de remontée, on a un esprit créatif mais il ne faut pas que cette créativité devienne un délire. En 2017, j’avais une créativité déstructurée, j’ai appris à la restructurer et à capitaliser sur mes erreurs. Je suis sortie de ma dépression en 2020. Quand la pandémie a commencé, les réseaux sociaux ont débordé. Pour ma part, j’ai repris goût à la vie grâce à Facebook. En effet, j’ai discuté intensivement de manière virtuelle et, progressivement, dans la vie réelle ».

Dans son livre, Bernard évoque son quotidien, ses rencontres, ses voyages en Afrique. « En juillet, c’est la saison des pluies, j’ai beaucoup été aidé par les plus pauvres. Mon livre, c’est tout ça mais aussi des réflexions sur le divorce, le climat, l’éducation, … Le ton est satirique, sarcastique, avec un humour belge très décalé ».

Interview réalisée par Franca Rossi

« Millésimes » est en vente sur Amazon

Les statistiques du Funambule reflètent son évolution

Les statistiques du Funambule reflètent son évolution

Stéphane, membre de l’équipe depuis plusieurs années, a commencé à recenser les statistiques de l’activité du Funambule en janvier 2018. On fait le point avec lui.

Cet homme de chiffres a acquis ses …lettres de noblesse aux yeux de ses pairs par sa constance et sa minutie dans la collecte des données et leur analyse.

Il nous explique : «La première année où je me suis occupé des stats, on s’est dit que ça permettait de se rendre compte de tout ce qu’on avait réalisé au cours d’une année. Cela fait du bien de s’arrêter à un moment pour regarder les réalisations. Les stats nous servent dans nos contacts avec l’extérieur, pour nos appels aux dons, nos demandes de subventions, nos rapports d’activités, … mais aussi pour faire le point lors de réunions d’équipe ».

Stéphane nous donne quelques chiffres-clés : « Je parlerais d’abord de notre communication. En trois ans, le nombre d’abonnés à notre newsletter a progressé de 20%. Nous avons maintenant plus de 650 personnes qui suivent notre activité par ce canal. Nous avons aussi fortement développé notre communication via la page Facebook du Funambule. Elle est suivie par près de 1200 personnes alors qu’en 2018, il n’y avait que 273 abonnés ! Au début 2020, nous avons aussi retravaillé notre site web de fond en comble et veillé à sa visibilité en achetant le nom de domaine www.bipolarite.org. Le résultat ne s’est pas fait attendre, de 470 visites par mois, nous en sommes à plus de 1500 !   ».

Pour pouvoir dresser un état des lieux le plus complet possible à une date donnée, Stéphane sollicite les facilitateurs des groupes de parole, qui lui transmettent les chiffres de participation. « En ce qui concerne les groupes de parole, là aussi les chiffres montrent que le Funambule répond aux besoins. En 2018, nous avons accueilli 238 participants. A la faveur de l’ouverture d’un nouveau groupe de parole à Mons, le Funambule a ouvert ses portes à 100 personnes de plus en 2019. 2020 est bien évidemment une année particulière. Nos groupes ont été à l’arrêt pendant près de deux mois, le temps que nous mettions en place des groupes en ligne. Au total, malgré cette situation défavorable, 344 personnes ont participé en 2020. C’est un beau résultat, surtout si on considère que plus de 100 personnes qui n’avaient jamais participé nous ont rejoints ».

Notre statisticien maison complète son tableau par le nombre d’appels au service d’écoute téléphonique du Funambule, assuré avec beaucoup d’humanité et de professionnalisme par Cécile Perrad. Elle a reçu 139 appels en 2018 et 401 en 2020 !

Et Stéphane de conclure : « Ces statistiques montrent que la Funambule remplit ses missions, notamment avec  ses deux « métiers de base » que sont les groupes de parole et l’écoute téléphonique. On constate une progression constante de notre activité, c’est motivant pour tous ! ».

Stéphane étant désormais occupé à temps plein dans la pair-aidance, c’est Grégory Christian, également membre de l’équipe, qui prend la relève pour les statistiques. Merci à eux deux.

Franca Rossi

Une grande marche pour la santé mentale et le bien-être

Une grande marche pour la santé mentale et le bien-être

Allier sport et engagement social est toujours porteur : l’activité physique fait du bien et permet en plus de se mobiliser pour une bonne cause.

Un comité de citoyens, soutenus par des universités francophones (UCL, UMons, UNamur, ULiège et ULB), a mis sur pied une marche pour la santé mentale et le bien-être. Cet événement, qui constitue une première, se déroulera du 20 juin au 10 juillet et comptera 21 étapes, à Bruxelles et en Wallonie.

 

Le Funambule, au même titre qu’En Route et Psytoyens, soutient cette initiative, qui donnera une visibilité à un secteur de la santé encore trop souvent méconnu.

Pierre Maurage, professeur à l’UCL et coorganisateur de la Marche, nous en parle avec enthousiasme : « Nous voulions créer un événement fédérateur pour les personnes concernées, les proches, les cliniciens et praticiens de la santé mentale. Cette idée est partie de deux constats. Le premier est que la santé mentale est mise de côté au profit de la santé physique durant la crise que nous traversons. Or, les études le montrent, la crise sanitaire a fortement touché la santé mentale de la population. Le deuxième constat est qu’il est devenu urgent de recréer du lien social. Beaucoup de personnes sont isolées et nous voulons rassembler un maximum de gens autour d’une cause commune. La santé mentale, c’est l’affaire de tous ! ».

Chaque étape se clôturera par une activité conviviale (concert, conférence, débat, projection). Si vous souhaitez vous engager dans l’organisation de cet événement, la marche regroupe tout un réseau de responsables locaux, qu’il vous est possible de contacter dès maintenant en écrivant à l’adresse mail grandemarche21@gmail.com

Pour les inscriptions à cet événement (qui, soulignons-le, est gratuit), il convient d’attendre l’évolution des mesures sanitaires en vigueur, notamment via le plan plein air du gouvernement. La communication, via les médias et un site Internet notamment, commencera le 10 mai. « Si les mesures décidées ne permettent pas d’organiser cette Marche, on la reportera, tout simplement » conclut avec optimisme Pierre.

Le Funambule est réjoui de s’associer à cette initiative, qui contribuera à déstigmatiser la santé mentale. Tous en marche pour le bien-être de chacun !

Franca Rossi

COVID et santé mentale : « Le contact et le lien seront nos remèdes », Jean-Marc Priels

COVID et santé mentale : « Le contact et le lien seront nos remèdes », Jean-Marc Priels

L’impact de la crise sanitaire sur la santé mentale des citoyens fait l’objet de reportages et études. Détresse et dépression en sont les constats saillants et concernent l’ensemble de la population. Le besoin de lien social se révèle criant. Interview de Jean-Marc Priels, psychothérapeute.

Une étude de l’UCLouvain et de l’UAntwerpen, portant sur les mois d’avril à novembre 2020, révèle des chiffres inquiétants : sur les 6.337 personnes interrogées, en mars-avril (en plein lockdown), près d’un citoyen sur deux a été mesuré en état de détresse psychologique. C’était le cas d’une personne sur trois en juin, mais à l’automne, en pleine seconde vague, on revenait aux statistiques de mars-avril.

Pour évoquer cet état de crise psychologique et sociale, nous avons interviewé Jean-Marc Priels, psychologue clinicien et psychothérapeute à la Clinique Sans Souci et au Nouveau Centre Primavera, facilitateur du groupe de parole du Funambule à Jette.

Jean-Marc

« La crise sanitaire a eu un impact considérable sur la santé mentale de tout un chacun comme de la société dans son ensemble. C’est un peu comme si nous avions été soumis, sans préparation, à une anxiété traumatique collective. Nombreuses étaient les personnes qui ont ressenti, même à leur insu, comme un état de sidération face à l’ampleur de la crise. L’impact était personnel autant que mondialisé.

Reliance, alliance, déliance

Je voudrais aborder ici trois axiomes sociologiques qui ont été fragilisés. La première est celle de la reliance psychologique et sociale. Il s’agit de l’harmonie dans le lien que l’on entretient avec soi-même et avec les autres. Ces dimensions ont été questionnées par la problématique de la distanciation sociale. La crise a aussi impacté d’autres axes de reliance : physique avec notre corps, culturelle, écologique avec la nature et spirituelle ou religieuse …

La deuxième notion, est celle de l’alliance, ce besoin que l’on ressent de se lier aux autres et qui, chacun le ressent, est mis à mal dans le contexte actuel. Le troisième concept, c’est la déliance, c’est-à-dire la coupure entre soi et les autres, la rupture. La mort en est la réalité ultime. N’oublions pas que pas mal de couples se sont séparés durant cette crise, les violences intrafamiliales ont parfois affecté des enfants, les relations employeurs-employés, enseignants-enseignés ont été modifiées, etc. La préservation des rapports humains avec les autres demande une adaptation continue. Si nos cartes de banque sont désormais sans contact, il est facile de constater qu’une réelle fracture sociale et numérique ne comble pas notre besoin de vraies relations. Un climat général d’érosion du lien social technicisé capte nos habitudes et nos comportements.

Notre monde a grand besoin d’une politique relationnelle basée sur le contact, la confiance et la présence. Le contact et le lien seront nos remèdes ».

Propos recueillis par Franca Rossi