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Interview de Carine Serano, coordinatrice du soutien et de la proximité à la LUSS

Interview de Carine Serano, coordinatrice du soutien et de la proximité à la LUSS

Présentation des associations actives dans le secteur de la santé. La parole est à Carine Serano, coordinatrice du soutien et de la proximité à la LUSS (Ligue des Usagers des Services de Santé).

« La Luss a été créée il y a 21 ans. A l’époque, on s’est rendu compte que, quand on parlait santé, tout le monde, médecins, mutuelles, était partie prenante dans les discussions, sauf les patients, qui n’avaient pas de représentant.

Une personne en particulier a donné l’impulsion, Micky Fierens, qui participait à un comité de patients dans une maison médicale à Barvaux. Elle a contacté les associations de patients de Bruxelles et Wallonie pour proposer des rencontres. Celles-ci ont été fructueuses et est née l’idée de fonder la LUSS. Elle compte aujourd’hui 80 associations, auxquelles on apporte une aide concrète : mise à disposition de salle, soutien juridique, soutien à la communication, formation sur, par exemple, la gestion des volontaires, la prise de parole en public, etc.

Notre spécificité, c’est que, quand nous nous exprimons, nous transmettons la parole de ces associations, les témoignages des usagers, plutôt que des statistiques. Pour bien représenter les associations, il faut bien les connaître, connaître les personnes qui les composent. Cela nécessite un travail de terrain et de proximité important.

Dans notre mission de représentation, nous avons récemment rencontré des autorités politiques, pour leur présenter un plaidoyer rédigé pendant le premier confinement. Les patients ont exprimé ce qu’ls avaient vécu durant cette période et ont formulé des propositions de changements. En effet, les associations de patients ont été très impactées par la crise sanitaire, sur le plan du volontariat (fatigue, surcharge mentale), la diminution des activités permettant de rassembler des fonds et l’accès à l’outil numérique, qui n’est pas possible pour tous.

Ce qui est important, à nos yeux, c’est de faire vivre ces associations, car quand une association de patients disparaît, c’est un service au citoyen qui disparaît aussi ».

Interview réalisée par Franca Rossi.

Pour en savoir plus:

Page Facebook de la LUSS

Interview d’Audrey Crucifix du CRéSaM

Interview d’Audrey Crucifix du CRéSaM

Régulièrement, Le Funambule met en lumière une association active dans le secteur de la santé mentale. A travers l’interview d’Audrey Crucifix, responsable de projets et chargée de communication au CRéSaM, découvrez le travail de ce centre de Référence en Santé mentale.

« Le CRéSaM est reconnu depuis le 1er janvier 2012 en qualité de « Centre de Référence en Santé Mentale » en Wallonie sur base du décret wallon portant sur l’agrément des services de santé mentale (SSM) et la reconnaissance des centres de référence en santé mentale. Notre objectif est de soutenir l’action des professionnels de la santé mentale et leur intégration dans le réseau de soins du secteur. Il existe 65 SSM agréés en Wallonie.

 

Ces services se caractérisent par le fait qu’ils sont composés d’une équipe pluridisciplinaire : psychiatre, psychologue, assistant(e)social(e), … Plusieurs d’entre eux ont un domaine d’action bien spécifique : les enfants et adolescents, les personnes âgées, les aidants proches, les personnes en exil, les personnes confrontées aux assuétudes, …

 

Parmi nos missions, nous répondons à des demandes adressées par les SSM et les autres acteurs de santé mentale. Elles sont très variées : une aide dans la réalisation d’un projet, l’organisation de formations, de groupes de travail, la mise en place d’une fonction de liaison au sein des SSM…

 

Les SSM et autres acteurs de la santé mentale bénéficient aussi de l’expertise de l’Observatoire des pratiques et initiatives en santé mentale, attentif à ce qui se passe dans le secteur et dont le partage se révèle intéressant. En juin 2020,  une note de l’Observatoire « Vies Numériques » a été publiée. Elle porte sur la thématique de « l’Adolescence, médias sociaux et santé mentale ». 

 

Nous réalisons aussi des recherches sur diverses questions de santé mentale (exil, crise, Usage Problématique des Technologies de l’Information et de la Communication, pauvreté, etc.) »

 

Dans le cadre de notre mission d’information et de sensibilisation, et pour la sixième année consécutive, nous avons organisé la Semaine de la santé mentale, qui favorise la rencontre entre professionnels, entre usagers, associations, … C’est un moment privilégié pour faire réfléchir et sensibiliser sur les pratiques en matière de santé mentale et pour mieux faire connaître les services d’aide et de soins. 

 

L’objectif final de toutes nos actions, c’est que l’offre de soins soit la plus adaptée aux besoins de la population. »

Interview de Franca Rossi

Fond Nominatif Vincent de Wouters d’Oplinter

Fond Nominatif Vincent de Wouters d’Oplinter

Pour Vincent de Wouters, membre de notre équipe, la solidarité n’est pas un mot creux et il y donne pleinement du sens. Il y a trois ans, il a créé un Fonds nominatif, au sein de la Fondation Roi Baudouin, qui en assure la gestion administrative et financière. Il nous explique la genèse de ce projet.

«  Je connaissais la souffrance psychique de l’intérieur depuis vingt ans et j’étais un usager des services de santé. Je participais à des groupes de parole du Funambule et, à un certain moment, je me suis dit que j’aimerais apporter ma pierre à l’édifice. Je disposais d’un fort capital social, de nombreux contacts et je voulais valoriser ce réseau pour une bonne cause. J’ai contacté la Fondation Roi Baudouin afin de voir ce qu’il était possible de mettre en place pour une procédure de dons personnalisée.

Vincent de Wouters d'Oplinter

On a créé le Fonds nominatif. J’ai rédigé une lettre-type d’appel aux dons en précisant que je souhaitais soutenir des structures participant au processus de rétablissement dans le secteur de la santé mentale. Chaque année, on invite les associations intéressées à remettre un dossier dans lequel elles présentent leurs activités et projets.

Le comité de gestion statue et, jusqu’à présent, quatre associations candidates ont été soutenues : Le Funambule, En Route, Les Débrouillards et Ups and Downs.

Je lance un appel à la solidarité, en invitant toutes et tous à partager le lien du Fonds. La déductibilité fiscale sur les dons est de 60%. ».

Interview de Stéphanie Lemestré de Similes Wallonie

Interview de Stéphanie Lemestré de Similes Wallonie

L »ASBL Le Funambule met régulièrement en lumière une association active dans le secteur de la santé mentale. Aujourd’hui, nous donnons la parole à Stéphanie Lemestré, coordinatrice de Similes Wallonie, association de familles et d’amis de personnes atteintes de troubles psychiques.

« Notre mission première est de soutenir l’entourage de ces personnes, via des groupes de parole. Nous en proposons 11 en Wallonie. Ces lieux d’échange  permettent de se confier, de partager des difficultés et de prendre conscience qu’on n’est pas seuls face à la maladie d’un proche.

 

Parmi les problèmes souvent constatés, il y a la non acceptation de cette maladie et l’inquiétude de l’après-parents : que fera la personne atteinte de troubles psychiques quand ils ne seront plus là ?

 

Une autre de nos missions est la formation, à l’attention des familles, auxquelles nous proposons notamment des modules de psychoéducation. Nous nous adressons aussi aux professionnels, comme le personnel des maisons médicales, des hôpitaux, des services d’aide familiale.

 

Nous assurons également la représentation des proches au sein du réseau 107, pour l’amélioration de la qualité des soins. En collaboration avec Similes Vlaanderen, Uilenspiegel et Psytoyens, Similes Wallonie a rédigé un cahier de recommandations à l’attention des professionnels et des autorités politiques.

 

Un chantier de réflexion nous a particulièrement mobilisés ces dernières années : la réalisation d’un memorandum en vue de la reconnaissance d’un statut social spécifique en faveur des personnes atteintes d’un trouble psychique chronique et complexe gravement invalidant.

 

Nous avons une septantaine de bénévoles et environ 300-350 membres cotisants, qui reçoivent notre bimestriel ».

Interview de Franca Rossi

 

EN SAVOIR PLUS : 

Site web de Similes Wallonie

Page facebook de Similes Wallonie 

Réseau des Entendeurs de Voix (REV) : des groupes de parole et des informations pour les personnes concernées

Réseau des Entendeurs de Voix (REV) : des groupes de parole et des informations pour les personnes concernées

Le Funambule donne la parole à Claudia Haesaert, Présidente de REV Belgium (Réseau des Entendeurs de Voix), créée en 2014 et membre du Réseau international des entendeurs de voix.

« Dans les années ’70, un psychiatre néerlandais, Marius Romme, avait été interpellé par une de ses patientes, qui lui a dit, en substance : « Je n’apprécie pas la manière dont vous me soignez. Pourriez-vous me soigner en ne prenant pas uniquement en compte mon symptôme mais en vous intéressant au contenu des voix que j’entends ? ». Il a alors commencé à se pencher sur la question et il a mené des études, avec sa consoeur Sandra Escher, sur le phénomène.

 

« Les voix ne sont pas le signe d’une maladie mentale mais un phénomène porteur de sens », Marius Romme.

Ils ont établi que près de 30% de la population mondiale avaient un jour ou l’autre entendu des voix. L’idée qu’il s’agirait de personnes schizophrènes est encore largement répandue.

Ils ont aussi approfondi un des aspects, à savoir le fait que des personnes vivaient très bien le fait d’entendre des voix et le géraient de manière très positive.

Pour aider celles et ceux qui éprouvent plus de difficultés dans l’acceptation, nous avons créé le REV, afin de proposer des groupes d’entraide et de parole (à Bruxelles, Liège, Nivelles, Namur et en Flandre), destinés aux entendeurs de voix, bien sûr, mais aussi dans une vision plus large, aux personnes qui vivent des perceptions hors du commun, inexplicables, comme des visions, des sensations, des odeurs.

Nous tenons ces groupes de parole, facilités par des entendeurs de voix, dans des lieux du secteur de la santé mentale mais éloignés des structures hospitalières. Les participants sont ainsi tout à fait libres de parler de la psychiatrie, en dehors de toute structure, qui freinerait l’expression de leur ressenti.”

Interview de Franca Rossi

EN SAVOIR PLUS

Site officiel du REV 

Page facebook