« The 108 Journey » : un vent de fraîcheur sur la bipolarité

« The 108 Journey » : un vent de fraîcheur sur la bipolarité

Un jeune homme de 25 ans vient d’offrir au monde son documentaire « The 108 Journey ».  Cet autre point de vue sur la bipolarité se distingue par son optimisme. Rencontre avec le québécois Hugo Rozon.

En 2021, dans notre monde occidental, les troubles bipolaires sont principalement et uniquement associés à une faiblesse. Le documentaire « The 108 Journey » (59 min), sorti fin du mois de janvier sur internet, remet cet aspect réducteur en question. Cette sorte de carnet de voyage retrace le parcours du personnage principal, Hugo Rozon. Sa quête ? Se reconnecter avec lui-même.

Armé de courage et de son équipe de tournage, il s’est rendu en Inde pour mettre en scène « en vrai » les états dans lesquels il est passé. On le voit par exemple en crise maniaque en Inde, dans une ambiance hyper stimulante et chaotique. « A Mumbai, tout va très vite. J’étais confronté en permanence avec mes peurs et mon anxiété. Et j’ai décidé de les affronter », nous explique Hugo Rozon. On le voit ensuite découvrir, pas à pas, des réponses à ses questions.

Loin de vouloir prêcher ou imposer une quelconque vérité, son témoignage en images permet d’ouvrir le champ des possibles quant à l’approche de cette « maladie » : sa « plus grande force et sa plus belle faiblesse ».

Le trouble bipolaire : un don ?

Hugo Rozon a été diagnostiqué bipolaire à l’âge de 18 ans. Il  a ensuite apprivoisé sa différence. Son psychiatre qui suit des personnes avec de hautes fonctions à responsabilités au Québec, a mené la même démarche qu’avec ses autres patients. Il fait en sorte qu’Hugo puisse « performer », c’est-à-dire à exploiter au maximum son potentiel de créativité, tout en prenant compte sa bipolarité. « Lorsque j’ai compris que la bipolarité était un don, ça a changé ma vie. », nous explique-t-il, lors d’une agréable visioconférence via facebook. « Je ne prétends pas détenir LA vérité. J’ai compris des choses qui fonctionnent pour moi. ».

the 108 journey Hugo Rozon

La psychoéducation : la clé pour piloter une vie hors norme

Hugo Rozon the 108 Journey

Une étape indispensable selon lui est d’accepter la situation. Ensuite vient le nécessaire ajustement. « C’est possible d’avoir une très belle vie. Je voyage beaucoup. Depuis très jeune, je travaille à mon compte. ». Pour y arriver, il compare sa vie à celle d’un pilote d’une voiture de course qui peut aller très vite, parfois trop. Et tomber en panne aussi.

« C’est une histoire de paramètres. Je veille à bien m’alimenter, je fais d’ailleurs mes repas le dimanche pour la semaine. Je fais du sport, au minimum 45 minutes de marche par jour et quand c’est possible (Covid), je vais à la salle de sport. Je nettoie chez moi aussi. Quant au sommeil, si je passe une nuit blanche, mon alarme orange clignote. Alors, je redouble d’attention. J’ai appris à connaître ».

Ce que Hugo décrit ici s’intitule « la psychoéducation ». Respecter une bonne hygiène de vie et contrôler les signes avant-coureurs réduit en effet les risques de rechutes.

À quand un monde acceptant les différences et les faisant briller ?

Dans d’autres cultures « qui ne scindent pas tout en noir et blanc », la bipolarité n’est pas toujours appréhendée comme une maladie. Elle est vue comme une différence aux mille et une couleurs. Cette vision positive de Hugo Razon, inspirée par ses voyages et ses rencontres spirituelles, notamment au Népal lors de l’ascension d’un des sommets de l‘Himalaya, traverse tout le documentaire auto-financé par son réalisateur.

Hugo Rozon The 108 Journey toit

Création d’une « plateforme d’incompris » pour ouvrir le dialogue

Aujourd’hui, il va plus loin en créant GENERAT1ON, une sorte de communauté réunissant toutes les personnes « incomprises ».

« J’ai envie que la bipolarité soit vue autrement. La complexité de l’être humain n’est pas une mauvaise chose. Il ne faut pas avoir peur de l’anormalité. Je suis peut-être un peu en avance sur mon temps, mais je crois que dans le futur, un mouvement va naître ».

Il est vrai que récemment, des mouvements de groupes minoritaires ont pris beaucoup d’ampleur. Selon le réalisateur, un mouvement de la santé mentale, de personnes « différentes», pourrait prendre forme, surtout en ces temps troublés. « Qui sait, un jour, les gens ne voudront plus être normaux. D’ailleurs, quand on dit qu’un plat est normal, c’est rarement un compliment, non ? » dit-il en riant.

Amener du « fun » pour les personnes vivant avec un trouble bipolaire

Hugo, riche d’enthousiasme, ne voit pas pourquoi il faudrait « se réfugier dans un sous-sol d’un hôpital pour parler de la bipolarité, tout en mangeant des gâteaux aux pommes ». Les groupes de parole ne l’ont jamais attiré, vous l’aurez compris. Il prône plutôt la rencontre autour de projets créatifs, de fêtes, de festivals.

Seul l’avenir nous dira si un jour, les personnes vivant avec un trouble bipolaire ne feront plus les frais de la stigmatisation. Ce qui est certain, c’est que « The 108 Journey » tape un bon coup dans la fourmilière et ne laissera personne indifférent.

Hugo Inde the 108 journey

Interview réalisée par Claire H.

PS : Hugo et tous ceux qui nous lisez… Vous êtes les bienvenus aux groupes de parole de l’ASBL Le Funambule : on en organise en ligne (vidéoconférence), avec de la lumière, de l’écoute, des rires aussi. Garanti sans gâteau aux pommes, promis 😉

Meilleurs voeux !

Meilleurs voeux !

 

L’équipe de l’ASBL Le Funambule vous souhaite une année riche en moments de bonheur et d’amour !

Bonjour à tous,

Nous avons vécu une année particulière, marquée par la crise sanitaire et ses conséquences, notamment sur le plan de l’isolement social.

Le Funambule a tenté d’agrémenter vos journées, humblement, avec des publications sur cette page facebook. Notre ASBL a aussi organisé des groupes de parole virtuels et a continué à vous apporter du soutien, notamment via notre ligne d’écoute +32 (0)492 56 79 31

 

En 2021, nous resterons à vos côtés, jour après jour

Toute l’équipe vous souhaite, ainsi qu’à vos proches une année riche en moments de bonheur et d’amour. En deux mots et de tout cœur : le meilleur !

Bonne année à toutes et tous !

Journée internationale des volontaires : le Conseil d’Administration remercie l’équipe !

Journée internationale des volontaires : le Conseil d’Administration remercie l’équipe !

Ce 5 décembre, c’est la Journée internationale des volontaires. En Belgique, ils sont 1,2 millions, dont 400.000 en Fédération Wallonie-Bruxelles. Ces personnes donnent de leur temps pour servir une cause humanitaire, sociale, culturelle, sportive ou récréative.

Le Funambule compte 17 bénévoles, qui s’investissent dans la facilitation des groupes de parole, dans l’organisation d’événements, la réalisation et la valorisation de nos activités et projets, les partenariats, la communication, …

Voici le témoignage de cinq d’entre eux :

cecile p equipe

Cécile P. :

« Je cofacilite le groupe de parole de Namur et des groupes de parole en ligne. Le Funambule m’apporte beaucoup, par la richesse des relations humaines et l’attention, la bienveillance portées envers les personnes vivant avec un trouble bipolaire et les accompagnants. Dans mon écoute téléphonique, je reçois des appels à l’aide urgents, de personnes qui n’ont trouvé que des portes fermées. Je leur ouvre une porte sur une lueur d’espoir et j’apaise leur détresse. J’explique ce qu’est le Funambule, l’importance des groupes de parole »  

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David :

« Mon bénévolat me permet de me sentir mieux, même si je reste toujours très vigilant parce que nous avons une pathologie et qu’il faut en tenir compte. Je ne vois que du positif dans mon implication au Funambule. Je pense qu’il faut être attentifs, dans notre cas, à ne pas en faire trop, à ne pas être exaltés puis chuter. Je suis satisfait des projets que je mets en place, comme par exemple la psychoéducation et la création de petits groupes de parole dans les petites villes ».

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Vincent :

« Je suis cofacilitateur d’un groupe de parole à Namur et cette activité s’accorde bien avec mon attachement à la pair aidance. Je suis très attaché au fait de comprendre le vécu des autres. Mon bénévolat me procure une bonne part de bonheur, cela me permet de mieux accepter mon passé pour aller de l’avant. Au Funambule, il y a une richesse humaine et un soutien mutuel extraordinaires ».

stephane equipe

Stéphane :

« Je suis cofacilitateur du groupe de parole namurois et de groupes de parole en ligne. Je m’occupe de la gestion des comptes, du suivi comptable et suis impliqué dans plusieurs projets. En m’impliquant dans l’association, j’ai voulu rendre ce que le Funambule m’a apporté. Au fur et à mesure de mon rétablissement, j’ai pu remobiliser des compétences. Je suis heureux de faire partie de la famille des bipotes ».

Steve Gravy

Steve :

« Mon bénévolat fait que je me sens utile aux autres, je mets de l’énergie dans des projets, comme la gestion du site web, des tâches de communication, la gestion de dossiers, etc. Je dis toujours qu’on est plus forts, plus puissants ensemble et on déplace des montagnes. Durant ma présidence, pendant trois ans, j’ai fait en sorte de garder l’équipe soudée et de privilégier le dialogue ».

Le Conseil d’Administration remercie chaleureusement tous les membres de l’équipe, qui constitue pour chacun une deuxième famille. Le Funambule vit grâce à votre engagement et votre sens de la fraternité. Merci à tous !

“La fleur de Patricia” : carnet sur le rétablissement de Pascale Fransolet et avec l’ASBL « En Route »

“La fleur de Patricia” : carnet sur le rétablissement de Pascale Fransolet et avec l’ASBL « En Route »

Voici le témoignage de Pascale Fransolet, référente pair-aidante à la Clinique Sans Souci. Elle a publié, avec son institution, l’ASBL « En Route » et l’UMons, un très beau carnet de vulgarisation sur le rétablissement, agrémenté de jolis dessins et intitulé « La fleur de Patricia ».

Après avoir participé aux groupes de parole du Funambule, Pascale Fransolet en a animés et est ensuite devenue présidente de l’association. Elle connaît bien le Funambule et nous transmet un message plein d’émotion :

« Je souffrais de bipolarité et j’ai été parmi les premiers usagers du Funambule. Un soir de 2005, le groupe de parole prend fin. Sylvie, l’animatrice (et présidente à l’époque de l’association), me raccompagne en voiture à la maison…  La jeune maman m’évoque alors cette idée : pourquoi les participants du groupe ne reprendraient pas les rênes de l’association ? Là, je me suis sentie portée. Une si forte confiance ! Une si belle bienveillance !  Sans le savoir, cette jeune femme allait changer ma vie puisque, dès l’instant, je décidais de réfléchir très sérieusement à la question. Un Funambule « pour » et « par », la chic idée… »

Une pair-aidante fidèle au Funambule

Pascale nous est fidèle depuis tant d’années, elle a d’ailleurs parlé de notre recueil de témoignages lors d’une émission de Psylence Radio (Radio Panik). Son passage est à écouter à partir de 52:24 min :

LE DÉVELOPPEMENT PERSONNEL

par radio de Radio Panik : Emission Psylence

Si vous souhaitez la version papier,  vous pouvez envoyer un mail à Pascale en mentionnant votre adresse.

Vous pouvez également commander notre recueil de témoignages ici.

Franca Rossi

Appel aux dons pour soutenir nos activités

Appel aux dons pour soutenir nos activités

Le Funambule bénéficie tout au long de l’année de dons effectués par des particuliers qui donnent du sens à notre action. Ils soutiennent ainsi une cause en laquelle ils croient : l’aide aux personnes vivant avec un trouble bipolaire et leurs proches

Nos activités reposent essentiellement sur les groupes de parole, métier de base du Funambule. Depuis le début de la crise sanitaire, nous avons dû nous adapter en proposant des groupes de parole en ligne, qui rencontrent un beau succès. En effet, même si le mode de communication est virtuel, les échanges sont intenses et l’écoute des uns et des autres est au rendez-vous.

Nos projets en cours

Nous avons aussi d’autres projets, comme la création de nouveaux groupes de parole à Bruxelles et en Wallonie, la promotion de notre recueil de témoignages « Au fil de l’humeur – Quotidiens bipolaires », la future mise en place de modules de psychoéducation (pour aider les patients à mieux gérer leur maladie au quotidien), la refonte de notre site web, la révision de nos statuts, …

Le soutien de nos donateurs nous est très précieux et c’est pourquoi nous vous sollicitons afin que vous fassiez un don. Même un petit montant nous fera plaisir car nous savons qu’il viendra du cœur. Quoi de plus important, dans nos vies, que la générosité et la fraternité ?

Mais, que votre soutien soit financier ou moral, il nous motive à poursuivre notre engagement en faveur de nos pairs et de leurs proches.

Merci 

 

Et si on passait les fêtes de fin d’année ensemble ?

Et si on passait les fêtes de fin d’année ensemble ?

Le Funambule vous propose deux moments de partage, via des groupes de parole en ligne, les 24 et 31 décembre, de 16h à 18h.

Les fêtes de fin d’année peuvent être réjouissantes mais peuvent aussi susciter un sentiment de solitude. C’est pourquoi nous vous invitons à partager ces moments ensemble. L’occasion de se voir, même si c’est en mode virtuel, d’échanger et aborder les réveillons avec sérénité. Le Funambule vous propose de vous préparer aux fêtes de fin d’année de manière sympathique et détendue.

Vous connaissez peut-être le principe de ces groupes de parole : écoute, respect, expression libre dans un cadre bienveillant. Si vous n’en avez pas encore fait l’expérience, vous pouvez découvrir ces rencontres conviviales proposées par notre association.

Une touche de festivité

Si vous le souhaitez, vous pouvez agrémenter ce moment en ayant une boisson à vos côtés, ce qui nous permettra de lever un verre à la santé de tous ! Vous pouvez aussi porter un bonnet de père Noël, un pull de Noël, décorer avec une guirlande, bref, personnaliser notre rendez-vous, pour le rendre festif et détendu. Mais, même sans ça, ce sera un bonheur de vous voir à l’écran, de partager des sourires et deux heures de fraternité.

A bientôt ?

En pratique

Merci de vous inscrire via nos formulaires ci-dessous. Vous recevrez ensuite un email avec un lien Google Meet. Il vous suffira de cliquer dessus le jour de ces groupes de parole, à 16h. Vous rejoindrez automatiquement une vidéo-conférence. C’est très simple. Vous ne devez pas disposer d’un compte Google pour y participer. N’hésitez pas à  nous contacter si vous rencontrez des problèmes. Contact

 

 L’équipe du Funambule